Zoom sur la carte présentée ci-dessous
(sources: Le Ministère de l'Intérieur & le Monde.fr)

Bien qu'inutile, je ne peux que saluer la beauté du geste de mes ami(e)s Ariégois(es), qui ont placé Ségolène Royal le plus loin devant Nicolas Sarkozy. Merci, à ces braves gens, qui non seulement ont fait une place à quelques réfugiés espagnols -dont trois grands parents de votre serviteur- (à la suite de la prise du pouvoir par l'infect Franco de l'autre côté des Pyrénées); et qui conservent tant de générosité dans leur cœur de ruraux... Prenez-en de la graine, vieux c...oeurs desséchés de l'est, qui avez fait le choix inverse!


Deux adresses, dont je n'avais, jusqu'à il y a peu de temps, qu'entendu parlé (car illustration sonore pour "Là-bas si j'y suis"), & n'avais lu que quelques allusions (à travers la presse & les newsmags)

Pour celles & ceux qui ne connaissent pas encore l'adresse des "forces de l'esprit" (comme votre serviteur jusqu'à ce jour!), je vous invite à découvrir cet excellent blog François Mitterrand 2007... Défunt François Mitterrand, qui, ainsi qu'il l'avait annoncé, "ne nous quitte pas"! :-)

Dans un soucis de parité (?!?) je vous invite aussi à jeter un œil sur cette page!



Ci-dessous, un entretient entre Marie Guichoux & Ali Magoudi (LeTemps.ch), daté de ce jour (7 mai 2007, lendemain de l'élection du complexé centimétrique)
- Quelle est la petite musique de Nicolas Sarkozy?

Ali Magoudi: La rupture. Il a vécu le départ de son père très jeune comme une véritable rupture, à laquelle il a fallu qu'il s'adapte. Dans une espèce de maitrise du destin, il a fait en sorte que cette rupture soit un élément positif pour sa vie. Elle est ancrée dans sa chair, mais elle est à dépasser, dans la mesure où ses familles paternelle et maternelle ont également vécu des ruptures. Son père a connu l'immigration provoquée par la Seconde Guerre mondiale. Et, du côté maternel, le grand-père qui l'a élevé après le départ de son père a eu à subir l'antisémitisme de l'Etat de Vichy. Comme médecin, il a été interdit d'exercice professionnel en 1941 et il a dû s'enfuir de Paris pour aller vivre dans la maison de son épouse en Lozère.

- Aujourd'hui, vous diriez que Nicolas Sarkozy a dépassé la rupture?

- Etre président peut être pour lui le signe qu'il avait raison sur son père. Celui-ci lui ayant plus d'une fois dit que le seul pays qui permette aux immigrés de réussir est les Etats-Unis... «Il y aura peut-être un fils d'immigrés comme Président», a-t-il récemment dit. Dans sa carrière, Nicolas Sarkozy a eu plus d'une fois l'occasion d'avoir l'impression de dépasser la rupture. Lorsqu'il devient maire de Neuilly, il y a un très beau cliché où, alors que ses parents sont divorcés, il les réunit sur une photographie. Lui se tient entre les deux, ceint de la grande écharpe tricolore, comme s'il venait de les remarier. Je pense que la rupture est indépassable pour lui et, quelque part, c'est son programme politique. Il demande aux petits Français d'être des grands Nicolas, c'est-à-dire d'être à son image, capables de vivre les ruptures nécessaires imposées par la mondialisation ou d'autres évolutions.

- C'est l'unique fondement?

- Le deuxième thème, c'est le briseur de tabous. Il ne voit pas de problème à les briser. Pendant le quinquennat, on a eu le spectacle de l'annonce d'un parricide sur la personne de Chirac lui tenant lieu de programme politique. Une des phrases que Sarkozy a prononcée est: «Je n'ai jamais considéré Jacques Chirac comme mon père, par conséquent je n'ai pas eu à lui faire subir ce qu'on fait subir d'habitude à son père.» C'est étonnant. Comme Chirac, il additionne des propositions contradictoires, mais, à la différence de lui, il le revendique: «Je ne vois pas où est le problème.» Ces deux piliers, la rupture et la transgression, lui donnent une énergie considérable. Il ne s'agit pas de changer le monde, il s'agit de ne pas en accepter les lois, car transgresser est nécessaire pour réussir. Cela aboutit à une vision politique individualiste.

- Nicolas Sarkozy a eu à gérer la rupture de son couple. Que révèle cet épisode?

- Une des caractéristiques de Nicolas Sarkozy est d'être le modèle qu'il propose aux Français. Il s'appuie sur sa problématique personnelle et la dépasse. Elément discrètement transgressif, le maire de Neuilly procède aux épousailles de Cécilia et Jacques Martin, et bouscule un interdit en voulant épouser cette femme. Peut-être vous souvenez-vous aussi du face-à-face avec Tariq Ramadan, dans 100 Minutes pour convaincre en 2003, où il pulvérise le prédicateur islamique sur le sort des femmes. Ce qu'il dit, c'est «touchez pas à la femme adultère».

- A plusieurs reprises dans la campagne, Nicolas Sarkozy a dit qu'il avait changé.

- Les sondages qualitatifs qui lui remontent lui renvoient l'image de quelqu'un qui fait peur, de quelqu'un d'agressif. Depuis fin 2005, il a essayé de changer son image. Les tics, qu'il a connus dans des périodes passées, reviennent actuellement. Il est bourré de symptômes. Les tics expriment une contradiction avec ce qu'on pense. Il y a quelque chose qui revient, qui insiste. Il sait qu'il peut faire peur à certaines personnes, mais, en même temps, comme il en tire son énergie...

- Qu'est-ce qui le rend anxiogène?

- La peur est chez un certain nombre de gens le mouvement naturel face à celui qui annonce qu'il va transgresser. Le héros, c'est celui qui ne craint pas la mort, voire qui va la chercher. Quand il est ministre, il va au contact du preneur d'otages Human Bomb dans la maternelle de Neuilly. On n'a jamais vu ça d'un ministre. Il fait peur au GIGN. Sur cette lignée du héros, il a mis la main à la pâte pour faire la biographie de Georges Mandel: l'un des hommes de la IIIe République les plus détestés, qui devient ministre de l'Intérieur pendant vingt-trois jours avant d'être arrêté par Vichy parce qu'il est juif, envoyé en Allemagne dans un camp puis rapatrié en 1944 en France pour être assassiné par la milice dans la forêt de Fontainebleau. Le modèle politique est tragique.

Je sais, vous allez me dire que tout cet entretient est: "© Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés."
Je m'en balance un peu, le but étant de rendre ce texte accessible quand bien même le site détenteur des droits décide (pour quelle(s) raison(s), on peut se le demander!) de mettre cette page hors ligne.
Ne dit-on pas que "prudence est mère de sureté" ?