"Je me rend compte que ce matin, je suis rentré chez moi déprimé, j'ai sniffé un reste de coke, me suis mis à transpirer et à me branler devant une photo de journal d'Hillary Clinton en tailleur strict, prise pendant sa candidature au Sénat de New York."

"Leith rencontre Beverly Hills dans une baise post-aliénation de très bon gout."

"Son rôle dans la vie: un visage pour arrêter le poing d'un pauvre taré"

"Ce bar-ci fait l'affaire, un monument ikéaesque à notre manque d'imagination."

"Je fais comme d'habitude et je me sers du cul pour mieux briser l'amour, je l'attrape, profite de sa stupeur théâtrale étudiée, et on s'embrasse avant de se désaper, de faire les cons, de se léchouiller, se chauffer et baiser"

"Il faut parfois lutter pour ne pas apprendre à connaitre quelqu'un."

"Ouais, tout est de plastoc, de chrome et de mobilier immaculé, mais on sent encore le tabac froid et le foutre sur les fringues en flanelle des mecs, le parfum bon marché des filles, la bière coupée à l'eau et le désespoir maladif à travers cette bonhommie."

"J'ai envie de leur hurler: ARRÊTEZ DE CHERCHER DES PRÉTEXTES POUR NE PAS BAISER."

"Il me tend le joint, essaie de ne pas mater mes jambes et ma culotte blanche, il s'en tire plutôt bien."

"Je l'ai lu une fois, puis deux, et je dois avouer que je me suis retrouver à verser quelques larmes, pas sur moi mais sur la minette-auteure du passage. Et tout cet amour mal employé. Plus jeune, je me souviens avoir été fou, fou, fou de cette fille, mais je me disais, elle est hors de portée, mon pote."

"Mais même l'ecsta & la coke, après quelques années, ça vous troue le cerveau, vole vos souvenir et votre passé. Ce qui est plutôt juste, voire même pratique."

"J'ai appris respecter ces drogues, à les utiliser en plus petites quantités."

"-Je veux que les hommes se masturbent devant des représentations de moi, partout dans le monde, des hommes dont je ne connaîtrais même pas l'existence!"

"-C'est quand tu les laisses mettre la main sur tes émotions: ça, c'est la vraie prostitution."

"Le marrant de l'histoire, c'est que tu vois, dès que ce connard commence à becter, j'ai une dalle de malade."

"-Si tu peux rien faire de bon cœur, putain, y aura toujours un enculé pour venir se servir tout seul."

"Deux pauvres gars avec des dreads, des Blancs, me croisent comme s'ils habitaient ici, et une tapette avec un petit chien sort d'un magasin et monte dans une super bagnole. C'est qui tous ces connards? Y viennent pas de Leith. Y sont passés où, les vrais mecs du coin?"

"Et puis un jour elle m'a souri et mon cœur explosé en mille morceaux dans ma poitrine."

"Imaginez partager une cellule avec ça! Je tenterais d'abord ma chance avec le diable."

"J'ai pas la patience de servir des pintes. C'est pas plus mal que ces branleurs minables aient pas commandé une Guinness."

"Ce petit connard a une arrogance dingue et ses yeux luisent de méchanceté."

"Il porte ces vêtements de sport chers et moches qu'adorent les petits cons de rappeurs."

"Et puis je me dirige vers le mec, genre tout lentement parce que je savoure chacun de mes pas jusqu'à lui."

"Il sait d'instinct que ce genre de boucan n'éloigne que les amateurs, et je vois dans ses yeux que l'esprit de combat s'évapore déjà."

"Montrez la moindre faiblesse à un gars comme Lawson et il l'exploitera sans pitié. C'est une des qualités que j'admire le plus chez lui."

"Oui, je m'identifie un peu au voleur, je comprends le besoin qu'il a de faire tout ça, pour éviter de nager dans une piscine d'énergie négative jusqu'à ce qu'il coule au milieu de tous ces losers pitoyables."

"-TANT QU'IL Y AURA DES CLEBS DANS LES RUES ET DES PORCS DANS LES FERMES, ON AURA PAS BESOIN DE TA SALE PETITE BITE DÉGEU DE PERVERS, MON GARS! FAIS-TOI UNE RAISON!"

"Il est gentil mais des gars comme lui, j'en ai baisé un tas; le cul, ça va pendant un mois, mais on finit vite par se faire chier à moins que ça ne devienne une rampe de lancement vers autre chose; quoi exactement?"

"Mais je crois que c'est Wilde qui a dit que les femmes aiment la cruauté pure plus que tout, et parfois, je suis tentée de le croire."

"Ouais, balancer sa purée, c'est comme se faire masser le cerveau. Je comprends pas pourquoi, dans les films et tout, certains connards disent: "Non, pas maintenant, j'ai la migraine." Tu vois, pour moi, c'est justement à ce putain de moment que t'as besoin de baiser. Si tous les enculés de la terre niquaient quand ils ont la migraine, y aurait pas autant de problèmes."

"J'entends les Américains qui disent un truc dans une langue scandinave, et je me rends compte qu'ils sont suédois ou danois. C'est bizzare, ils étaient trop gros et débiles dans leurs vêtements guindés, on aurait vraiment dit de Ricains."

"-Non ma chérie. Ça vient du porno. Ces connards de l'industrie, des vrais pionniers. [...] Les gens veulent du cul, de la violence, de la bouffe, des animaux domestiques, du bricolage et de l'humiliation. On n'a qu'à leur offrir tout en même temps.Prenez la télé-humiliante, prenez les journaux et les magazines, prenez notre système de classes, la jalousie, l'amertume que suscite notre culture: en Grand-Bretagne, on a envie de voir les gens se faire baiser[...]"

"-T'as intérêt, putain, parce que j'en ai ma claque, des Junkies. Tu veux un rail?"

"Certaines personnes pourraient se sentir flattées d'un tel compliment, mais pas moi. J'ai la solide conviction qu'une référence positive énoncée par un débile sans cervelle est bien plus néfaste qu'une condamnation venue des rangs plus branchés du gratin."

"Leith,1926, la grève générale. On lit tout ça, tout ce qu'ils ont fait à l'époque et on voit très bien les purs idéaux du Parti Travailliste. Liberté pour les gens ordinaires."

"J'ai envie de la serrer dans mes bras et de lui dire ne pars pas, de lui dire que je l'aime et que je veux rester avec elle pour toujours.
Mais je dis rien pasque j'y arrive pas, j'y arrive carrément pas."

"La chat Zappa saute brusquement sur l'accoudoir et me fout une trouille de la mort. Je le caresse et me mets à pleurer, des sanglots durs et sans larmes, comme si je me tapais une crise cardiaque."

"On n'a jamais besoin de compagnie à ce point-là, mec, jamais à ce point-là."

"S'ensuit une pause de deux secondes qui ressemblent à dix minutes, et je vois un grand trou noir s'ouvrir devant moi et ma vie s'y déverser."

"On peut pas y aller par quatre chemins, c'est une difformité socialement étouffante qui indique un penchant pour l'avidité et un manque de self-control; il faut se rendre à l'évidence, c'est une maladie mentale. Enfin, chez les femmes. Chez les hommes, ça illustre une personnalité forte et une certaine joie de vivre."

"Oh ouais, il y a des nanas qui suintent les dommages, celles à qui le méchant papa ou le beau-père a laissé des cicatrices psychiques qui guériront jamais, et si c'est partiellement éteint comme un eczéma social, ça n'attend que l'instant propice pour resurgir. C'est dans leurs yeux, dans leur aspect blessé et défiguré, et ça se manifeste par un besoin d'offrir un amour destructeur à une force maléfique, et de continuer à l'offrir jusqu'à l'anéantissement total. Les minettes comme ça, leur vie entière est marquée par l'abus et, ne vous y trompez pas, elles sont programmées pour traquer leur prochain tortionnaire aussi implacablement qu'il les cherche."

"-Tout va bien pour l'instant, mais quand il sera dans son lit, tout seul, après s'être branlé en pensant à toi, et que l'amertume et le dégoût de soi l'envahiront, il commencera à avoir des doutes."

"Peut-être même qu'elle a essayé de se lover contre lui après, pour se persuader que c'était son choix à elle, une véritable connivence et pas un semblant de viol"

"Son accent est un peu nasal, des banlieues du sud de l'Angleterre, sans l'affectation bourgeasse ou la richesse de la classe ouvrière. Sa beauté est si frappante que la neutralité de sa voix en est presque offensante."

"J'en ai rencontré des tonnes en boîte, des nanas comme elle: débordantes d'une sexualité féroce, dragueuses. Ça te pète aux oreilles pendant un moment et t'as l'impression d'être unique, mais tu t'aperçois rapidement qu'elles sont comme ça avec tout le monde."

"Quand la normalité vous paraît étrange, vous comprenez que vous menez une vie de merde. Je suis dans le parc de Princes Street avec ma belle-sœur Sharon et ma nièce Marina, que je n'avais jamais rencontrée. Je n'avais pas revu Sharon depuis des années. Je crois que la dernière fois remonte à l'enterrement de mon frère, quand je l'avais baisée dans les toilettes et qu'elle était enceinte de Marina."

"J'ai toujours été branché relations longues plutôt que coups d'un soir, sans pour autant exceller dans les deux domaines. Mais quand on rencontre quelqu'un, peu importe le nombre de ratés dans le passé, on croit toujours... oui. On a bien trop d'espoir pour envisager la moindre attente."

"-Ça faisait mal, putain, trop mal. Mais c'était agréable aussi. Quand je pensais ne pas pouvoir en supporter plus, ça devenait bon, et quand je trouvais ça bon, ça devenait insupportable."

"Je me dis, à quoi ça sert d'avoir tant de thunes si les gens que tu veux gâter te rejettent?"

"Et je le quitte pas des yeux, je pénètre son âme et j'y vois de la putain de peur, maintenant, et j'y vois autre chose, j'y vois la pourriture, sale putain de pourriture qui l'habite, cet enculé, mais on dirait qu'il la distingue aussi en moi, comme si on partageait quelques chose. Il faut que j'agisse avant que le reste des connards du bar le voie, parce que je suis pas comme lui, putain, pas moyen.
Ce que je peux voir dans les yeux de ce connard...
La vision qu'il a de lui, forgée par la brutalité des autres; ça s'agite en lui tandis que je le dévisage et qu'il reconnait un certain Begbie. Ouais, il est terrifié, malade de peur et de douleur; délicieusement, perversement malade, putain. Son corps et son esprit lui jouent toutes sortes de tours. Et ce connard perçoit les effets de son pouvoir sur les autres, à travers l'impact de mon pouvoir sur lui. Il ressent la libération absolue de la capitulation, d'une capitulation totale à la volonté d'un autre. Et ça va au-delà de la violence, c'est même bien au-delà d'un truc sexuel; c'est une sorte d'amour, une putain d'adoration de soi, étrange et vaniteuse, bien au-delà de l'égo. Je me rends compte... je...

Nan... nan... arrête ces conneries...

Mais c'est ça, être un dur; c'est un voyage, une putain de quête autodestructrice pour trouver tes limites, parce que tes putains de limites se présentent toujours à toi sous la forme d'un homme plus balèze. Un gars grand, fort et dur comme le roc, qui peut te montrer, t'apprendre, t'expliquer où tu te situes, quels sont tes putains de paramètres. Chizzie... c'est ça, son nom... Chizzie."

"Avec ma chance, je vais être le premier couillon à se faire choper à importer de la came à Amsterdam."

"Le mépris, les railleries, l'ironie, le foutage de gueule; on avait construit notre propre petit univers bien avant que la picole ou la drogue n'entrent en jeu et nous aident à l'affiner, nous donnent la permission d'y vivre à fond."

"Si le mot clé des années 80 était "moi" et celui des années 90 "ça", le mot du nouveau millénaire, c'est "-atre". Tout est vague mais qualifié."

"J'ai envie de me rapprocher de sa chaleur, j'ai envie de pénétrer cette chaleur, de m'approcher du centre de cette flamme, quelle me protège, m'éloigne de ce qui me blesse."

"Pourquoi est-ce que tu ne peux pas accepter que les gens t'apprécient, t'aiment sans vouloir pour autant baiser avec toi? T'as une si mauvaise estime de toi?"

"Il appartient vraiment à une forme d'humanité rendue obsolète par le nouvel ordre des choses, mais c'est toujours un être humain. Les clopes, l'alcool, la coke, le speed, la pauvreté et les manipulations des médias: les armes du capitalisme sont bien plus subtiles et efficaces que celles du nazisme, et il est sans ressource devant elles."


"-C'est toujours mieux d'être quittes qu'en colère."

"On traverse un de ces instants beaux-douloureux, une de ces impasses douces-amères où on sait que l'autre déconne, mais qu'il le fait avec tant de panache et de conviction..."

"L'espace d'une seconde, je me sens tout motivé et je pige presque ce que Begbie aime dans son trip de violence"

"C'est si délicieusement vieille école, ces grands bassins de cuivre à la Jules Verne, les boutons, les valves, les tuyaux. Les vieux qui viennent ici pendant la journée adorent."

"Nikki a un très joli cul, aucun doute, mais quand tu as rangé sa représentation papier dans le trois centième carton, il devient soudain moins attirant. Peut-être que les images pornographiques ne devraient pas être vues de façon répétitive; peut-être qu'elles vous désensibilisent, qu'elles érodent votre sexualité."

"Les gens consomment des trucs mauvais pour eux, souvent pour la simple et bonne raison qu'ilis en ont à portée de main. C'est naïf de s'attendre à ce que la drogue soit éliminée des lois modernes du capitalisme consumériste. Surtout quand, en tant que produit, elle contribue à le définir"

"Y a un putain de psychologue taré qui dit qu'ils ont été abusés eux-mêmes et c'est pour ça qu'ils font ces trucs. N'importe quoi, putain. Des tonnes de mecs s'en prennent plein la gueule et ça les rend pas comme ça."

"S'il est vrai qu'il existe toujours un lien entre la pauvreté, la drogue et la prostitution des rues, cela ne représente actuellement qu'une infime partie de ce qui compose désormais l'une des industries les plus plus importantes du Royaume-Uni"

"Mais qu'est-ce qu'elle fout, à se laisser tripoter? Bientôt, elle va le laisser mettre son gland dans sa chatte et dire: 'Mmm, des parois vaginales bien fermes. On s'est musclé le plancher pelvien?' "

"Pourquoi il est tellement manipulateur? Je pense que c'est d'avoir grandi dans une maison pleine de femmes amoureuses. Oui, c'est un truc italien. Il arrive toujours à réveiller l'instinct maternel dormant chez une femme."

"Il répond un truc, on se prend la tête et on se chamaille jusqu'à atteindre une impasse; puis on décèle de la malice dans le regard de l'autre et on éclate de rire."

"Le froid semble s'installer dans la trame de la ville. Comme une maladie que ce vieil endroit ne peut expulser; le climat menace sans cesse de retomber dans un hiver total, face aux vents cruels et glacés venus de la mer du Nord."

"Personne n'aime la taule mais certains cons ne la détestent pas assez."

"Non, il faut des nichons et des culs, parce qu'ils doivent nous être disponibles: pour les toucher, les baiser et se branler dessus. Parce qu'on est de hommes? Non. Parce qu'on est des consommateurs. Parce que c'est des trucs qu'on aime, des trucs qui, comme on le croit ou comme on nous a poussé à croire, nous apportent estime de soi, soulagement et satisfaction. On les valorise tellement qu'il nous faut au moins l'illusion de leur disponibilité. Et on peut remplacer nichons & culs par bites, chips, hors-bord, voitures, maisons, ordinateurs, marques de haute couture, chemise de contrefaçon. C'est en ça que la pub et le porno sont similaires: ils vendent l'illusion de disponibilité et la non-conséquence de la consommation."

"-être hôtes impliquerait qu'on nous témoigne un minimum d'hospitalité, une sorte de courtoisie rudimentaire. Nous dormons à l'hôtel, oui, mais on ne peut pas dire que nous soyons vos hôtes."

"Comme la plupart des femmes modernes et intelligentes, je suis adepte de Carl Jung, mais Freud avait aussi un truc contre les gros."

"-Si cette musique te donne pas envie de te faire sodomiser, Nikki, rien ne le pourra jamais."

"Mel & moi nous faisons draguer sans cesse par toutes sortes de gars, dont Lars Lavish & Miz, mais on profite de notre sentiment de puissance, on balance des râteaux à tour de bras, on flirte et on allume outrageusement."

"Je ne peux rien faire parce qu'une vieille rengaine enfantine tourne en boucle dans mon esprit: Begbie = Mauvais = Peur."

"Bienvenue à Leith. Bienvenue chez toi, ça c'est clair. Mais c'est où chez moi? Leith... nan. Amsterdam... nan. On est chez soi là où le cœur aime, il paraît, alors Dianne est mon chez moi."

"Je crois en nos classes ouvrières intelligentes et vertueuses contre les masses débiles et sans cervelles, et contre la bourgeoisie médiocre et sans âme."

"Et mon cœur fait un bond dans ma poitrine quand je sens qu'on m'attrape le poignet. Je baisse le ragard et sa main m'enserre comme un étau. Je lève la tête et ses yeux sont ouverts, deux charbons brûlants d'hostilité qui s'enfoncent dans mon âme repentante et lacérée..."


Je ne peux rien pour vous, si, après de tels extraits, vous n'éprouvez toujours pas le besoin de revoir (mieux: de relire) Trainspotting, et de ce même élan, dévorer Porno.
Un excellent livre, probablement plus même (mais la baffe est trop récente pour juger de ses effets à plus long terme, baffe à laquelle s'ajoute l'urgence de me plonger dès que possible dans le majestueux "Against the day") jusque dans sa construction chapitre par chapitre, qui vous laisse le loisir de ne découvrir le déroulement du récit que par l'optique d'un protagoniste à la fois, si tel est votre plaisir...