En effet, avec la complicité de nombreux médecins, cette industrie a accompli le remarquable exploit d'avoir médicalisé la santé, faisant de tout bien portant un malade qui s'ignore. Elle est même parvenue à transformer certaines périodes de la vie, telles la grossesse, la naissance, la ménopause, l'andropause et la vieillesse, en maladies qui ne peuvent être traitées que par la chimie omniprésente. Sans compter la sexualité, grâce au Viagra, à l'Edex et à l'Uprima, ainsi qu'à certaines " pilules du désir ", les femmes ne voulant pas être en reste dans le palmarès. Belle victoire ! " A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ".

Sans cesse, nous sommes agressés par des " conseils ", pour notre bien évidemment, qui ne peuvent qu'introduire le doute dans notre esprit. Sommes-nous tellement bien portants, même si nous ne constatons aucune manifestation inquiétante ? Les pouvoirs publics, les médias et les publicités ne cessent de nous influencer en ce sens. Les microbes nous guettent, les maladies aussi, faisons-nous vacciner de toute urgence ! Passé un certain âge, il est impératif de se prévenir contre une grippe qui pourrait être " mortelle ", et de subir annuellement plusieurs visites médicales. Tâtez régulièrement votre corps afin de déceler toute tumeur qui pourrait se cacher insidieusement dans un sein ou même dans les deux ! Multipliez les bilans, les analyses, il est évident qu'on trouvera toujours quelque symptôme " inquiétant " ! Car, comme le signale la revue L'Ecologiste (n°1 automne 2000) :

"La bonne santé porte préjudice à la rentabilité du capital. Tout sera donc fait pour s'en débarrasser ". En effet, la santé ne fait pas vivre les laboratoires et, seule, la maladie intéresse ces producteurs de consommation.

A son tour, le Pr. Didier Sicard, chef de service à l'hôpital Cochin et président du Comité national d'éthique, dénonce notre " médecine de troupeau " : " S'il n'y avait que de vrais malades à soigner, la médecine serait en situation économiquement difficile. Il faut donc convaincre l'ensemble de la population qu'elle est potentiellement malade et vendre des médicaments à ceux qui n'en ont pas besoin ". Nombreux sont les médecins qui réprouvent cette situation.

Quant au Pr. Jean Paul Escande, il estime que la médecine fait partie de la société de consommation, et que " la meilleure façon de faire consommer de la médecine est de nourrir la légende du corps fragile et de ses agresseurs surpuissants ".

La confiance accordée de nos jours au corps médical relève plus du domaine de la foi que de celui de la raison. On écoute les diktats des " experts médicaux " sans faire la moindre réserve quant à leur validité, oubliant souvent combien ceux-ci ont pu être démentis et sont même au centre de certains scandales depuis quelques années.

De son temps, Georges Bernanos avait prévu ce qui nous attend si nous acceptons l'esclavage qu'on cherche à nous imposer. Il pensait que " si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète ", ce sera à cause de " la docilité, l'absence de responsabilité de l'homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. " Bernanos, qui dénonçait " l'affreux néant du confort " dans lequel l'humanité s'est enlisée, avait un don de prophétie car, à cette époque, la situation était loin d'être aussi préoccupante que de nos jours.

Aussi, devant la puissance financière des laboratoires et la persistance méprisante de leur mainmise sur la politique de santé, nous sommes condamnés à développer une certaine désobéissance civile en refusant d'écouter les sirènes des laboratoires et de céder à la peur qu'on nous distille sournoisement, en déniant aux Pouvoirs Publics le droit de nous imposer leurs directives, et, surtout, en prenant nous-mêmes notre santé en mains, avec bon sens et lucidité.

Sylvie SIMON

Entretien avec Sylvie Simon sur Radio Ici et Maintenant

Les mensonges des lobbies pharmaceutiques (2h 08mn)

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