Brett Anderson
"Dust & rain"
...
I am the dust &
You are the rain
I am the needle &
You are the vein,
This is the moment that words can't explain...

"Blessed"
...
With your tenderness
And trouble.
With your son
Against your breast.

You smile and
I am blessed.
You laugh and
I am possessed.

You climb
The clouds caress.
Yes, I am blessed.
Yes, I am blessed.

You smile and
I am blessed.
You lie and
I am dust.

And you ride
London’s wilderness.
Yes, I am blessed.
Yes, I am blessed...

Alan Moore "la voix du feu"
Croyez-vous que je paierais -même d'un pet- pour connaître ce que d'aucuns pourraient prétendre?
Nos âmes ne connaissent nulle élévation, pas plus qu'elles n'ont de destination finale. Riant et pleurant, avec mon pied mort à la traine derrière moi, je tourne et tourne en rond, perpétuellement en rond sous un ciel vide auquel n'a jamais monté ni homme ni martyr, qui n'a jamais vu se rallumer la flamme de l'homme une fois son étincelle soufflée, et jamais connu aucune résurrection.
Si la mémoire ne m'abuse pas, c'était en été, lorsque le dôme de cette cathédrale d'os résonnait d'un monacal bourdon de mouches vertes; le grignotement des vers à travers l'endroit où les rêves scintillaient naguère.
Pourtant, en tout cela, il me plait de penser que mon existence a encore une utilité et un but, si piètres et médiocres soient-ils.
Il me semble que là a toujours été mon problème: ne pouvoir exprimer mes désirs personnels, quels qu'ils soient et présenter plutôt aux gens le visage docile qu'ils souhaitent voir. Faire bonne figure devant les événements a donc été la principale occupation de mon existence mortelle, après quoi, avec justice, je ne suis plus que figure, que les gens accrochent avec objets.
Prenez garde, vous qui répugnez à troubler l'ordre des choses!
Quel dommage. J'avais espérer que les rêves que nous avons dans la mort auraient plus de sens que ceux qui naissent de la vie.
Quelle amertume, alors, lorsque nous humons pour la première fois le fumet rance de ce pourquoi nous avons combattu.
& j'ai marché seul le long des maisons éclairées qu'il n'y avait dans le noir & j'ai vu à l'intérieur des scènes joyeuses qui m'ont presque fait fondre en larmes tandis que je passais devant elles mort de faim et dépourvu d'amis
Le pillage possède un son: cent bruits moindres, tous modelés en un seul: un bébé qui braille, le tonnerre empoussiéré de la pierre qui croule, et le couinement des chiens blessés [...] Des cris rauques, inintelligibles, engloutis en une langue qui ne s'applique qu'à la guerre. Le cliquetis mortels des lances, le hurlement des enfants qu'on force, tout cela ne forme qu'une voix qui crache et crépite dans la gorge noir fumée de l'instant. Je l'entends maintenant.
Elle époussette le siège avant de s'assoir, comme pour le débarrasser de contaminations. C'est de la même façon qu'elle a coutume de composer chacun de ses mots et de ses actes en un subtil et mal dissimulé reproche. Comme si son conin n'avait point d'odeur. Comme si elle chiait de l'or.

When we have undressed of form we shall walk truly naked from our ashes, and there should be not a part of us that is not beautiful
traduction "officielle":
Quand nous serons dévêtues de toute forme, nous quitterons nos cendres, véritablement nues, et il n'y aura aucune partie de nous qui ne sera belle
traduction de votre serviteur:
Quand nous aurons dévêtues jusqu'à nos enveloppes nous nous éloignerons, véritablement nues, et il n'y aura aucune partie de nous qui ne sera belle

Philip K. Dick "les voix de l'asphalte"
Et puis un jour, en allant prendre sous l'évier un appareil électrique à griller le maïs, il s'était cogné la tête au coin d'un meuble à éléments situé juste au dessus de lui. La coupure de son cuir chevelu, la douleur, inattendue et si peu méritée, avaient mystérieusement chassé les toiles d'araignée de son esprit. Il avait comprit en un éclair qu'il n'en voulait pas au meuble: il en voulait à sa femme et aux deux gamines, à la maison dans son ensemble, à l'arrière-cour où était rangé la tondeuse électrique, au garage, au chauffage indirect par radiation, au jardin, à la grille, à toute la foutue baraque et à ceux qui l'habitaient. Il voulait divorcer; il voulait se tirer. Ce qu'il fit vite. Pour se plonger par degrés dans une nouvelle vie, plus sombre et dépourvue de toutes ces choses.
Sans doute, aurait-il dû regretter sa décision. Il n'en fut rien. Son ancienne existence avait été dénuée de toute passion, de toute aventure. Trop de sécurité. Tout ce qui la composait s'était trouvé d'un coup exposé à son regard et il ne pouvait rien en attendre de plus.
Quel que soit le boulot, qu'est-ce qu'un type connait de ses motivations profondes? L'ennui, peut-être; l'envie que ça bouge un peu. Une hostilité secrète dirigée contre son entourage, contre tous ses amis et même contre les filles. Ou alors un mobile positif, mais atroce: avoir vu un être profondément aimé, chéri intimement, un être qu'on a tenu dans ces bras après l'amour, embrassé, protégé, entouré de ses soins, et surtout admiré - avoir vu cet être se consumer de l'intérieur, avoir vu l'incendie ravager son cœur puis se propager. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un insecte cliquetant qui répétait la même phrase à n'en plus finir. Une enregistrement. Une boucle sur bande magnétique.

Alexandre Koyre "réflections sur le mensonge"
Si rien n'est plus raffiné que la technique de la propagande moderne, rien n'est plus grossier que le contenu de ses assertions, qui révèlent un mépris absolu & total de la vérité. Et même de la simple vraisemblance. Mépris qui n'est égalé que par celui -qu'il implique- des facultés mentales de ceux à qui elle s'adresse

Sébastien Fontenelle "la position du penseur couché"
Depuis l'avènement de Nicolas Sarkozy à la tête de l'État, nous assistons à un déferlement d'idées et de pratiques répugnantes: fichage génétique des immigrés, expulsions d'enfants scolarisés, casse du droit de grève, haine de l'altérité, détestation des pauvres... Chez les intellectuels de cour, cela fait bien longtemps que tous les "tabous" sont bel et bien brisés. Depuis plusieurs années, ces nouveaux réactionnaires, avec comme figure de proue Alain Finkielkraut, s'attachent en effet à salir et à détruire toute pensée progressiste. Plongée au cœur de l'idéologie dominante. Ad nauseum.